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"Là, de tous côtés, les fleurs, sans avoir eu d'autres jardiniers que la nature, respirent une haleine sauvage, qui réveille et satisfait l'odorat; là l'incarnat d'une rose sur l'églantier, et l'azur éclatant d'une violette sous des ronces, ne laissant point de liberté pour le choix, vous font juger qu'elles sont toutes deux plus belles l'une que l'autre; là le printemps compose toutes les saisons; là ne germe point de plante vénéneuse que sa naissance ne trahisse sa conservation; là les ruisseaux racontent leurs voyages aux cailloux; là mille petites voix emplumées font retentir la forêt au bruit de leurs chansons; et la trémoussante assemblée de ces gosiers mélodieux est si générale qu'il semble que chaque feuille dans le bois ait pris la langue et la figure d'un rossignol; écho prend tant de plaisir à leurs airs qu'on dirait à les lui entendre répéter qu'elle ait envie de les apprendre. À côté de ce bois se voient deux prairies, dont le vert gai continu fait une émeraude à perte de vue. Le mélange confus des peintures que le printemps attache à cent petites fleurs égare les nuances l'une dans l'autre et ces fleurs agitées semblent courir après elles-mêmes pour échapper aux caresses du vent."
Attestation d’Oriane (encre bleue): c’est un matin d’été, je me promène alors dans la campagne normande avec celui qui allait devenir mon mari, puis général. Nous commençons à tomber amoureux l’un de l’autre et, même si cet état ne va durer que quelques années, il n’en est pas moins réel : le monde nous semble merveilleux. Séduit par la beauté du paysage, il ose, pour la première fois me prendre la main en me regardant dans les yeux.
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